Le point de départ : comme beaucoup d’entreprises
Sowefund est une fintech créée en 2014, pionnière de l’investissement participatif en equity en France. Une dizaine de personnes, une activité très réglementée, des investisseurs particuliers à protéger, et un enjeu permanent : faire beaucoup avec peu.
Début 2025, leur rapport à l’IA ressemble à celui de la majorité des entreprises que nous rencontrons. Chacun utilise ses outils dans son coin. ChatGPT pour l’un, Gemini pour l’autre, sans coordination ni structure.
« Notre utilisation, c’était comme la plupart des entreprises qui découvrent l’IA sans aller très loin. Question-réponse. Rien d’uniformisé, sans chercher à optimiser. »
Mais il y a un moteur fort chez Sowefund : la recherche d’efficience.
« On est une petite équipe, comparativement à d’autres acteurs du marché. Si on veut sortir à notre épingle du jeu, il faut qu’on trouve des solutions. »
Avant de déployer l’IA : documenter les connaissances
Avant même de parler d’agents, la première étape a été d’auditer ce que Sowefund avait déjà. Quels process existaient ? Qui détenait quelle connaissance ? Où étaient les trous ?
Ce travail a mis en lumière un problème que nous retrouvons dans presque toutes les entreprises : la dette de documentation du savoir. Une poignée de personnes détient l’essentiel de la connaissance opérationnelle, et cette connaissance n’est écrite nulle part.
C’est de là qu’est né le premier agent de Sowefund : le Soweknow. Un agent de gestion de la connaissance interne, comme un Google interne.
Pour le construire, il a fallu mettre sur papier ce que chacun sait.
Ce travail a eu un effet secondaire positif : un audit global des process. L’équipe a identifié des doublons, des connaissances obsolètes, des choses à optimiser. L’IA a forcé une mise à plat que personne n’avait trouvé le temps de faire.
Pour ceux que l’ampleur de l’exercice effraie, rassurez-vous : vous ne partez pas de zéro. Vous avez déjà sûrement beaucoup de choses écrites, mais dispersées. Il s’agit souvent de consolider, de structurer et de compléter.
Un exemple concret chez Sowefund : quand un collaborateur est parti, ils avaient enregistré des sessions de passation. Ces enregistrements ont été transcrits, puis transformés en process grâce à l’IA. Ce qui aurait pris des jours à rédiger a été produit en quelques minutes.
Le vrai virage : former toute l’équipe à créer ses agents
Une fois le Soweknow en place, la deuxième grande décision a été de ne pas rester sur un seul agent utilisé de façon passive. Sowefund a choisi de former toute l’équipe à créer ses propres agents.
Cette étape a pris la forme d’une journée d’ateliers pratiques lors de leur séminaire annuel. Le matin : identifier par pôle les agents à créer en priorité, avec une méthode basée sur le ROI et l’effort de mise en œuvre. L’après-midi : créer ces agents.
Résultat : des agents finalisés dès la fin de journée et un switch d’état d’esprit chez chaque collaborateur visible presque immédiatement.
« Ce switch s’est manifesté par des agents créés lors de la journée qui, en l’espace d’un jour, étaient devenus partie intégrante du travail de la personne. »
Les 3 apprentissages d’Alexandre sur l’adoption de l’IA
1. Changer les habitudes, ça ne se décrète pas : ça s’accompagne
Ancrer un nouvel outil dans les habitudes de travail de toute une équipe demande du temps, de la répétition, et un accompagnement actif. Il faut des personnes qui montrent, qui partagent leurs usages, qui redirigent doucement quand les anciennes habitudes reprennent le dessus. Ce sont les “champions”.
« L’idée, ce n’est pas de fermer les portes. C’est de faire évoluer les pratiques et l’état d’esprit pour que chacun s’améliore. Il y aura des personnes réticentes, pas forcément par mauvaise volonté, mais par manque de connaissance. »
2. Entrer par la douleur individuelle
Une tâche pénible pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. L’erreur serait de vouloir automatiser ce qui « devrait » être automatisé plutôt que ce qui pèse vraiment à chaque personne.
« Il faut l’amener de manière ludique. Comprendre comment la personne fonctionne, s’adapter, lui montrer à quel problème ça pourrait répondre. Ne pas la braquer. »
3. La structure horizontale comme accélérateur
La vitesse d’adoption dépend aussi du niveau d’autonomie que vous accordez à vos équipes. Chez Sowefund, si quelqu’un identifie un besoin, il peut créer un agent. Pas de validation en cascade. Pas de demande formelle. Par exemple, une stagiaire a créé un agent de veille automatique parce qu’elle avait identifié un besoin.
« Toute personne qui arrive chez nous se doit d’être force de proposition. C’est notre moteur. Même la personne arrivée depuis deux jours, si elle pense qu’il faudrait faire autrement, elle peut le faire. Mais elle doit développer le projet de A à Z et à 100%. »
Les 3 conseils d’Alexandre pour structurer son déploiement IA
1. Clarifier le POURQUOI avant le COMMENT
« Il faut repartir de la base. Pourquoi on veut utiliser l’IA ? Est-ce que c’est juste parce qu’il y a le FOMO, parce qu’il faut suivre la tendance ? Non, ça ne marchera pas. Définissez les problèmes. Ensuite seulement : comment, avec quel outil ? »
Chez Sowefund, la motivation était claire dès le départ : une petite équipe qui a besoin d’être plus efficiente que des acteurs plus grands.
2. Se faire accompagner au démarrage
« C’est comme dans un sport. Le fait de prendre un coach au début, qui donne les bonnes pratiques, les bons conseils, permet d’accélérer beaucoup plus vite. La courbe d’apprentissage va être bien plus importante que si on s’y met tout seul. »
Ce n’est pas une question de compétences. C’est une question de temps et de méthode. Se faire accompagner, c’est éviter de tâtonner pendant des mois.
3. Avoir des champions internes et un top management qui donne les moyens
L’IA ne s’adopte pas par décret. Elle s’adopte parce que des personnes dans l’équipe la portent, la montrent, la partagent. Et parce que le management a décidé d’y mettre les moyens.
« Ça doit venir de l’intérieur aussi. Du top management et de quelques personnes qui vont être les nerds de l’IA, qui vont créer une dynamique positive, partager ce qu’ils font. Il faut créer une émulation. »
Chez Sowefund, c’est Benjamin Wattinne, le CEO, qui a décidé d’allouer une journée entière du séminaire annuel à la formation IA. Sans cette décision, rien de ce qui suit n’aurait été possible.
Les résultats fin 2025
À la fin de notre collaboration fin 2025, voici où en était Sowefund :
- 100% de l’équipe utilise l’IA au quotidien, certains plus que d’autres, mais elle est totalement intégrée dans la plupart de leurs process de travail.
- 90 agents ont été créés sur leur espace Dust.
- Un créneau dédié a été intégré dans l’onboarding pour chaque nouveau collaborateur pour comprendre les possibilités, explorer des cas d’usage, et prendre en main les outils.
- Dust est ouvert en permanence sur les écrans.
Alexandre, qui se décrivait lui-même comme « un des plus réfractaires à l’IA » au départ, est aujourd’hui le référent IA de Sowefund.
« C’est en creusant qu’on se rend compte qu’évidemment, c’est comme tout : il y a des points positifs, des points négatifs, et on en tire ce qu’on en veut. »
Le témoignage d’Alexandre illustre bien que l’adoption de l’IA est avant tout un projet managérial et humain.
Ce n’est pas le meilleur outil qui gagne. C’est la meilleure organisation, la meilleure culture, et les bonnes décisions prises au bon moment.
→ Former toute l’équipe plutôt que quelques élus. → Donner de l’autonomie plutôt que de centraliser. → Entrer par les problèmes réels de chaque personne plutôt que d’imposer un usage uniforme.
Vous cherchez à structurer l’adoption de l’IA dans votre équipe ? Nous vous accompagnons de la formation de vos collaborateurs à la mise en place d’une vraie dynamique d’adoption dans la durée.
La première étape, c’est un diagnostic gratuit pour comprendre où vous en êtes et ce qui est possible pour votre organisation.



